Vendredi12septembre
Et nous voici devant le lac Louise. Au bout du lac, on voit le mont Victoria et son glacier suspendu qui dominent un cirque naturel.
À gauche, la montagne Fairview. À droite, les sommets des monts Whyte, Niblock et Saint-Piran. Tous flirtent avec les 3000 mètres d'altitude. Au milieu, le mont Victoria est à 3467 mètres. 
À côté du lac, un énorme hôtel tranche avec le cadre naturel. Il vaut mieux garder le regard vers le lac, sinon cela perd de son charme... 
Avant de commencer la rando, un guide de montagne suisse nous montre l'exemple... Cette statue de bronze commémore l'héritage des guides de montagne suisses. Dès 1899, la compagnie de chemin de fer Canadian Pacific recruta ces experts alpins pour accompagner les visiteurs à la conquête des sommets vierges des Rocheuses. Leur arrivée marqua le début de l'âge d'or de l'alpinisme dans la région.
Et c'est parti pour longer le lac jusqu'à son extrémité. Le Lake Louise, alimenté par le glacier Victoria, s'étend sur une longueur d'environ 2 kilomètres et une largeur maximale d'environ 500 mètres. Sa profondeur maximale est de 70 mètres.
La teinte émeraude du lac est due à l'érosion glaciaire. Les glaciers en amont pulvérisent la roche en une fine poudre, nommée farine glaciaire, qui est ensuite transportée par les ruisseaux de fonte jusqu'au bassin. Ce sont ces particules minérales en suspension qui diffractent la lumière solaire, renvoyant principalement les ondes bleues et vertes vers la surface. 
Et avec les couleurs du lac, c'est tout l'environnement qui vient aussi participer au joli tableau avec ses touches de couleur... 
Mais longer le lac, n'est qu'une petite partie de la marche du jour. Il reste encore deux heures de marche pour atteindre la partie finale du parcours.
Le sentier de randonnée est le Plain of Six Glaciers Trail (Plaine des Six Glaciers). 14 kilomètres aller-retour avec 500 mètres de dénivelé. Mais nous choisissons de combiner le chemin du retour avec celui du Big Beehive et le lac Louise, ce qui nous ajoutera 5 kilomètres et du dénivelé en plus...

Un simple regard en arrière et le lac Louise paraît beaucoup plus petit, engoncé entre les montagnes The Beehive et Fairview.
Nous arrivons à la maison de thé "Plain of Six Glaciers Teahouse", étape avant la dernière section du sentier.
Comme nous sommes bien lancés, nous continuons notre marche et, au retour, nous ferons ici la pause déjeuner.
Nous approchons de la destination finale. Ce gros bloc qui arrive est le mont Lefroy. Il cache la partie basse du glacier Victoria.
Nous voici sur le tout dernier tronçon, complètement dépourvu de végétation. Le paysage devient un univers minéral dominé par les parois abruptes du mont Victoria. On progresse sur une moraine, vestige du retrait des glaces qui ont sculpté cette vallée profonde au fil des millénaires.
Ça y est, nous sommes arrivés au bout ! Il ne reste plus qu'à se trouver un petit coin pierreux pour s'installer et admirer le paysage grandiose qui nous fait face ! 
Et maintenant, nous voyons la partie cachée du glacier Victoria qui vient finir péniblement sa course au pied des monts Lefroy et Victoria.
En haut du glacier passe la frontière entre les deux régions : celle de l'Alberta où nous sommes et celle de la Colombie-Britannique.
Allez hop ! Il est 12h30 et il nous reste encore quelques heures de marche pour finir cette randonnée ! Il va donc falloir rebrousser chemin et nous pourrons bifurquer plus loin pour rejoindre le sentier du lac Agnès.
Pause déjeuner à proximité de la tea house. Édifiée en 1924 par des guides suisses pour le compte du Canadien Pacifique, la maison de thé de la Plain of Six Glaciers offrait un repos mérité aux premiers alpinistes de la région. Ce chalet rustique en pierre et en bois, accessible uniquement par les sentiers, a pu préserver son authenticité en continuant d'opérer sans électricité. Les provisions nécessaires à son fonctionnement sont toujours acheminées à dos de cheval ou par hélicoptère.
Et c'est reparti pour entamer cette seconde demi-journée. Dans 4 heures, nous serons de retour à la voiture !

La forêt qui ceinture le lac Louise présente une végétation caractéristique de l'étage subalpin des Rocheuses canadiennes. Sur ces pentes abruptes, l'épinette d'Engelmann et le sapin subalpin règnent en maîtres, formant un manteau vert sombre et dense. Leurs silhouettes coniques étroites sont une adaptation évolutive vitale, permettant aux branches de se délester des lourdes chutes de neige hivernales sans rompre. 
C'est ici que nous quittons le chemin déjà emprunté à l'aller. Ce sentier va nous mener au petit lac voisin, le lac Agnès. Pour ce faire, il faut passer par les pentes de la montagne The Beehive.
Les eaux de fonte transportent jusqu'au lac Louise la farine glaciaire, ces fines particules de roche broyée qui donneront au lac sa teinte turquoise.
Un imposant couloir d'éboulis s'étire entre les versants boisés, témoin de la fragmentation constante de la roche sous l'effet du gel.
Nous sommes accueillis par un spermophile à mante dorée (Callospermophilus lateralis). Toujours aussi craquant... 
L'attention du petit rongeur est tout entière focalisée sur la petite trouvaille posée à ses pieds, un champignon encore accroché à sa motte de terre, ce qui le changera sûrement des graines ou pommes de pin habituelles.
Dressé sur ses postérieurs, il adopte une posture de vigilance caractéristique pour surveiller les environs. Le geste de ramener ses pattes avant contre le thorax permet de conserver la chaleur corporelle tout en restant prêt à saisir la moindre opportunité alimentaire. 
Et voici l'arrivée des eaux de fonte dans le lac Louise. Les torrents déversent leurs tonnes de farine glaciaire qui se diluent dans l'étendue turquoise. C'est cette fine poussière de roche en suspension qui, par un jeu de diffraction lumineuse, va donner au lac sa célèbre teinte émeraude.
De l'autre côté, le lac Agnes se découvre niché au creux d'un autre impressionnant cirque glaciaire.
Ah, voici un copain de notre spermophile de tout à l'heure, mais il n'est pas le bienvenu, un petit combat va suivre... Petits mais avec du caractère ! 
Tiens, belle surprise ! Un habitant discret des pierriers d'altitude, le Pika américain (Ochotona princeps), est parfaitement camouflé dans le décor minéral des Rocheuses. Ce petit lagomorphe, cousin du lapin, n'hiberne pas et doit donc constituer d'importantes réserves pour survivre au long hiver canadien. L'herbe coincée dans sa petite gueule montre qu'il est en pleine activité de fenaison. Tout l'été, il moissonne herbes et fleurs alpines qu'il étale soigneusement sur les dalles rocheuses pour les faire sécher au soleil avant de les stocker. Ce processus de déshydratation est crucial, car il empêche le fourrage de pourrir une fois entreposé dans les profondeurs du terrier pour servir de réserve hivernale. 
Celui-là, nous l'avons déjà croisé plusieurs fois, c'est le geai de Steller (Cyanocitta stelleri), hôte familier des forêts de conifères.
Un peu plus loin, le sentier passe devant le Mirror Lake, réduit à sa plus simple expression en cette fin d'été...
Et ça y est ! Nous revoici enfin sur les rives du lac Louise ! Il faut avouer que les jambes commençaient à traîner des pieds...
















































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very good indeed